La Ville de Sétif à travers les Ages

 

Un Bref Aperçu Historique

Les premières traces d'occupation humaine dans la région de Sétif remontent à la période pré-historique. Ce sont les fouilles effectuées de 1928 à 1932 au Mesloug par Messieurs Massiéra et Champagne qui ont mis au jour des éléments datant des époques solutréenne et magdaléenne qui permettent de l'affirmer. Dans la région, on retrouve également des traces des passages successifs des Carthaginois, des Numides, des Vandales, des Berbères, des Romains et ben sûr des Arabes et des Français.

Mais ce sont les Romains de Nerva qui , en l'an 96 de l'ère chrétienne, choisirent de s'arrêter sur l'emplacement actuel de la ville de Sétif pour y fonder, aux abord de la rivière appelée Bou Sellam, une cité qu'ils appelèrent Sitifis ( en fait Colonia Nerviana Augusta Martialis Veteranorum Sitifiensum). Ils construisirent une agglomération et alignèrent les maisons le long de rues perpendiculaires orientées Nord-Est/Sud-Ouest et Nord-Ouest/Sud-Est.

Le nom de Sétif prend son origine dans un mot berbère qui signifie "noir " en référence à la couleur de la terre que l'on peut y retrouver en rapport avec la végétation luxuriante qui existait et se décomposait. Il y avait des arbres de toutes espèces, notamment des oliviers en abondance (de nombreux moulins à huile romains ont pu être retrouvés).

L'invasion arabe détruisit l'ensemble des cités de la Mauritanie Sétifienne. Les voies de communication qui facilitaient la domination romaine dans la région et la prospérité de la ville furent abandonnées.

La conquête turque, acheva de ruiner le pays et de détruire ce qui pouvait rester des réalisations romaines. La région était aux mains de chefs des tribus locales dont les Ameurs étaient les représentants les plus puissants aux ordres des chefs turcs envoyés par le Bey de Constantine.

Création de la ville française :

Et quand le 5 décembre 1838, le général Galbois arriva à la tête d'une colonne de l'armée française partie depuis Constantine, il ne trouva plus que quelques maisons au milieu d'un amas de ruines auprès desquelles se tenaient tous les dimanches un marché. Mais ce n'est que l'année suivante qu'un détachement fut laissé sur place, et que le Génie Militaire et le 61° de ligne commencèrent la construction des quartiers militaires, puis de l'hôpital militaire, du bureau arabe, de l'église (qui devint plus tard l'Eglise Réformée) , de la mosquée…

En 1842 200 européens et 66 indigènes campaient aux abords de la garnison. En 1847, les premiers remparts sont construits. En 1843, du Nord au Sud la rue de Sillègue (future avenue Delucca) et d'Ouest en Est la rue de Constantine (avenue Georges Clémenceau) sont tracées. Les autres rues de ce qui constituera au Xxeme siècle le centre ville sont tracées parallèlement à ces 2 voies.

En 1856, Sétif comptait 2000 habitants, au moment où la réalisation de la route royale longue de 120 km qui la reliait à Bougie fut entreprise.

On retrouve, dès cette époque, des traces des délibérations du Conseil Municipal, un commissaire civil – M. de Lamothe Langon - faisant fonction de maire.

Le 13 Octobre 1858 un décret impérial instaure une sous-préfecture. En novembre 1860, le tribunal de première instance est créé. Le premier maire nommé sera Monsieur Rengade, son successeur en mai 1861 sera M. Joseph Nioce. Cette même année est créé le bureau de conservation des hypothèques et une école maternelle voit le jour.

En 1863, il y a 9557 habitants (6130 musulmans, 730 israélites, 2210 français et 487 étrangers)

La synagogue est construite en 1865. Un journal local, le Courrier de Sétif voit le jour. Des commerces, la banque d'Algérie, des associations sportives sont créés. La vie s'organise à l'image des villes et villages de la métropole. Une voie de chemin de fer reliant Sétif à Constantine et Alger est réalisée.

La ville moderne au temps de l'Algérie Française ;

En 1930, la ville compte 34172 habitants. Mr Eugène Girod est maire.

En 1932, construction du stade municipal, en 1933 de la mosquée du faubourg de la gare, en 1934 du dispensaire anti-vénérien, en 1935 le palais de justice et la caserne de la gendarmerie mobile, en 1936 l'école primaire du faubourg de la Gare, l'école des filles de Bel Air, le cercle militaire (découverte de nombreux vestiges d'un ancien cimetière romain lors de sa construction), en 1938 aménagement du parc des sports (futur Stade Erlacher), construction de l'hôpital civil.

1949 école maternelle et primaire de la Cité Lévy (19 classes pour 700 élèves) – Agrandissement du Lycée Albertini

1952 agrandissement de l'hôpital civil - 1953 inauguration du stade de Bel Air,

1954 Hôtel des Finances

1955 le collège primaire supérieur devient Lycée des Jeunes Filles

1956 Création du Département de Sétif (les bâtiments de la préfecture sont situés rue du Dr Aubry)

En 1960, la population atteint 70000 habitants, 10800 enfants sont scolarisés dans les établissement du premier degré : 9200 dans les classes primaires, 1400 dans les écoles maternelles et 200 dans les cours complémentaires. Le lycée Albertini compte 1200 élèves, le lycée de jeunes filles plus de 400.

Les Maires de Sétif pendant la période française :

Aubry – Sebe – Dr Gautier – M° Girod – Dr Maselot – Deluca – Briffa – Méjean – Brincat – Gesrel – Mme Kebtani

 

[1] Cf l'ouvrage de Maurice Villard et Yves Bassard : Histoire des Hauts-Plateaux Sétifiens Tome I – AHPD éd Montpellier 2002 491p